Le représentant James Comer demande au gouverneur du Delaware des documents sur un projet de 'Artificial Intelligence Company', craignant qu'il ne protège les propriétaires des conséquences d'actes nuisibles de l'IA.
Un projet du Delaware visant à permettre la gestion d'entreprises par des agents d'intelligence artificielle a déclenché une enquête du Congrès. Selon un article d'Ars Technica, le représentant républicain du Kentucky James Comer, président de la commission de la surveillance et de la réforme gouvernementale de la Chambre, a écrit au gouverneur du Delaware, Matt Meyer, pour obtenir des documents sur les efforts de l'État visant à créer une nouvelle entité appelée Artificial Intelligence Company (AIC). M. Comer affirme que ce concept pourrait servir à protéger de puissantes sociétés d'IA et leurs investisseurs de toute responsabilité en cas d'actes imprudents ou nuisibles, et il laisse entendre que l'enquête pourrait nourrir une éventuelle législation fédérale limitant le pouvoir des États en matière de régulation de l'IA.
Selon un projet de loi susceptible d'être soumis à l'assemblée législative du Delaware, une AIC serait une entité juridique distincte dont les affaires pourraient être gérées par un agent d'IA désigné. Elle aurait un seul membre, personne ou entité, chargé de la maintenir correctement capitalisée et de tenir un journal de ses activités, et pourrait poursuivre tout objet licite, hors activité bancaire. Le texte prévoit que le membre ne répond pas des actes ou omissions de l'AIC, sauf en cas de fraude, de violation délibérée de la loi ou si, en connaissance de cause, il laisse l'entreprise agir hors de son objet déclaré. Le projet comprend un bac à sable réglementaire de 30 mois, et la secrétaire d'État du Delaware a présenté l'idée dans une tribune publiée par Fortune en juillet 2026, cosignée avec le dirigeant de Norm Ai, une entreprise privée qui affirme concevoir des agents d'IA juridiques.
Les réactions restent prudentes. Un porte-parole du gouverneur Meyer a indiqué à Ars Technica que le bureau avait reçu la lettre et l'examinait, tandis que le bureau de la secrétaire d'État a refusé de commenter. Andrew Baker, professeur de droit à UC Berkeley, a déclaré au Financial Times que la proposition ressemble à un bouclier de responsabilité trop généreux, et Martin Petrin, de l'université York, a dit à Bloomberg que d'autres États pourraient suivre et qu'un cadre fédéral pourrait aider. L'enjeu est notable, car environ les deux tiers des entreprises du Fortune 500 sont immatriculées au Delaware, mais le concept d'AIC reste un projet et n'est pas une loi.



