L'entreprise française d'IA rend téléchargeables les poids de Mistral Large 4, revendique les meilleures performances de code parmi les modèles ouverts et permet de l'exécuter sur ses propres serveurs.

L'entreprise française d'intelligence artificielle Mistral a publié les poids de son modèle phare Mistral Large 4 (ML4), surnommé « Le Chonk », après un aperçu diffusé le 6 octobre, a rapporté Euronews le 29 octobre. Le modèle est disponible via l'API de Mistral et ses poids peuvent être téléchargés sur Hugging Face, où la page de l'entreprise le présente comme un modèle multimodal à mélange d'experts d'environ 1 000 milliards de paramètres au total dont 52 milliards actifs. Mistral affirme avoir consacré trois semaines supplémentaires d'apprentissage par renforcement et de tests clients à ajouter deux modes de raisonnement, afin que les utilisateurs choisissent une profondeur faible, moyenne ou élevée.

Mistral décrit ML4 comme le meilleur modèle ouvert de codage agentique au monde et le meilleur modèle ouvert conçu en Occident, et dit qu'il offre des capacités de cyberdéfense que les organisations peuvent entièrement posséder et contrôler, notamment détecter, analyser et réagir aux menaces dans le code et les infrastructures informatiques. Selon l'entreprise, il consomme en moyenne 47 % de jetons en moins par tâche que le modèle chinois GLM-5.3, et son score sur Terminal-Bench 4.0 est passé de 28 % à 41 % après un entraînement supplémentaire. Ces chiffres émanent de Mistral elle-même et rien n'indique qu'ils aient été reproduits de manière indépendante.

L'intérêt pratique des poids téléchargeables est le contrôle : les entreprises manipulant des données sensibles, comme du code propriétaire, peuvent exécuter le modèle sur leur propre matériel plutôt que d'envoyer leurs données à un prestataire externe, sans risquer qu'un fournisseur restreigne l'accès. Cela exige toutefois du matériel adapté et une expertise en sécurité. Mistral indique que ML4 a été entraîné sur 3 800 GPU Nvidia Grace Blackwell dans des centres de données européens, ce qui souligne la dépendance persistante de l'Europe aux fournisseurs de puces étrangers alors qu'elle cherche des alternatives aux technologies américaines et chinoises. L'entreprise annonce d'autres modèles de la même génération dans les prochains mois.