À partir de novembre, le PSNI ne se déplacera pour les appels de santé mentale qu’en cas de danger de mort, de risque de préjudice ou d’infraction, selon la politique Right Care Right Person, tandis que les professionnels de santé s’inquiètent des capacités.
À partir du début du mois de novembre, la police d’Irlande du Nord (PSNI) n’effectuera plus de vérifications de bien-être, sauf en cas de danger pour la vie, de risque de préjudice ou d’infraction, rapporte BBC News NI. Le public continuera d’appeler le 999, mais les appels seront évalués et les opérateurs pourront les transmettre à d’autres services d’urgence ou au personnel de santé et d’action sociale. Le PSNI a indiqué à la BBC traiter environ 30 000 appels de santé mentale par an, soit près de 80 par jour, dont une part importante provient de professionnels de santé.
Cette politique, intitulée Right Care Right Person (le bon soin par la bonne personne), est introduite par étapes en Irlande du Nord et s’applique dans certaines forces d’Angleterre et du pays de Galles depuis 2023. Le chef de police adjoint Ryan Henderson avait déclaré à une commission de Stormont que les contacts liés à la santé mentale avaient atteint des « niveaux sans précédent » et que seuls 3 % des milliers d’appels concernant une personne potentiellement en danger étaient liés à une infraction. Le militant Charles Little, dont les beaux-parents Michael et Marjorie Cawdery ont été tués en 2017 par un homme atteint de schizophrénie paranoïde, estime que cette politique aurait pu « sauver la situation » et rappelle que l’arrivée de la police peut être effrayante pour une personne en crise.
Les réactions sont partagées. Le Dr Ross Irvine, du Royal College of Psychiatrists en Irlande du Nord, a jugé les services de santé mentale « au point de crise », avec 30 % de postes vacants, et averti que retirer le filet de sécurité policier reporte la pression sur des services déjà en difficulté. George Hannah, de la British Association of Social Workers, a déclaré que ses membres trouvent le changement trop rapide et les ressources insuffisantes. La défenseure de la santé mentale, la professeure Siobhan O’Neill, y voit une avancée importante mais regrette l’absence d’investissement dans des services de remplacement.



